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10 Mars 1906, la plus meurtrière des catastrophes minières

Ce mardi 10 mars, en fin de matinée, 114 ans après cette effroyable catastrophe minière qui a fait plus d’un millier de morts et des familles brisées, la foule était de nouveau au rendez-vous pour rendre hommage aux mineurs. Plus d’un siècle après les faits, se pose la question du sens à donner à ces commémorations et au triste souvenir de ce qui demeure la plus grande catastrophe industrielle d’Europe.
La cérémonie a débuté par un long défilé de dépôts de gerbes par les maires et les élus du secteur, des représentants du Département, de la Région, du Sénat, de Jean-François Raffy, Sous-préfet de Lens, des représentants des syndicats, des associations patriotiques, de l’association du 10 mars 1906 et de diverses sociétés de mémoire, de souvenirs, de sauvegarde de la culture de la mine.
Chaque année, cette cérémonie permet de se remémorer ce 10 mars 1906 où, vers 6h45 dans le premier bassin minier de France, un coup de grisou ravageait les galeries des fosses 2/10 de Billy-Montigny, 3 de Méricourt et 4/11 de Sallaumines.
Pour Raymond Frackowiak, secrétaire général CGT-FNSS-FSM (Syndicat des mineurs et similaires, retraités et veuves de l’unité de production de Courrières), l’histoire sociale et le devoir de mémoire doivent permettre d’honorer la mémoire des disparus, mais aussi de connaître notre passé avec une plus grande acuité, afin de provoquer la réflexion et le débat.
Après avoir rappelé l’ampleur de cette catastrophe en quelques chiffres :1099 victimes directes, 16 sauveteurs décédés par la suite, 6966 blessés dont beaucoup restés invalides, 562 veuves, 1133 orphelins, le secrétaire général a évoqué les conditions de travail de l’époque qui étaient très physiques et extrêmement dangereuses. « Les conclusions de cette catastrophe n’ont pas permis d’éviter toutes celles qui ont suivi. Les mineurs étaient soumis à tous les dangers du grisou, au travail dangereux, à la chaleur, à la poussière, aux efforts, à l’accident mortel toujours présent ».

Se rappeler l’histoire et les luttes

Et que dire des mineurs licenciés pour faits de grève en 1948, 1952. Licenciés, enfermés, plongés dans la misère...
« Ces commémorations doivent nous permettre d’honorer nos camarades, soutenir leurs familles, de rappeler l’histoire et ces catastrophes qui n’ont rien d’une fatalité. Nous avons un devoir de mémoire important car de nombreuses générations ne mesurent pas le chemin parcouru depuis la seconde guerre mondiale. Les luttes menées contre le nazisme, la bataille du charbon gagnée, le statut du mineur constamment attaqué, le statut des électriciens et gaziers, la sécurité sociale, le code du travail..., acquis du conseil national de la résistance ». Et Raymond Frackowiak de rappeler les menaces qui pèsent aujourd’hui sur ces acquis sociaux.
Pour conclure la cérémonie à la Nécropole du 10 mars 1906, Alain Roger, le maire de Noyelles-sous-Lens, a souligné que ce jour de souvenir témoigne d’une volonté de ne pas oublier. « N’oublions pas que cette terrible catastrophe minière sans précédent fut à l’origine d’un conflit social d’une rare ampleur qui débuta au lendemain des funérailles. Notre rôle est de rappeler sans cesse que des personnes ont été sacrifiées et je pense qu’il est indispensable de nous rassembler et d’unir nos forces contre l’injustice, le mépris et la haine des différences ».
Lors d’une première cérémonie en début de matinée au cimetière communal, une délégation, conduite par le maire Bernard Baude, s’est recueillie au pied du monument des victimes du travail avant d’y déposer une gerbe.
- Publié le 11/03/2020

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