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Une effroyable catastrophe gravée dans les mémoires

Dimanche 10 Mars au matin, malgré un vent violent, de nombreux élus des communes environnantes, d’anciens mineurs, des représentants des différents syndicats, des associations locales étaient présents à la Nécropole de Méricourt pour rendre hommage aux 1099 victimes de la catastrophe minière du 10 mars 1906. Une véritable tragédie qui a touché trois puits (Méricourt, Sallaumines et Billy-Montigny).
113 ans après, la foule est fidèle au rendez-vous pour rendre hommages aux mineurs. La cérémonie a débuté par un long défilé de dépôts de gerbes par le Préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, accompagné de Jean-François Raffy, Sous-Préfet de Lens, par les élus du secteur, les représentants des syndicats, des associations patriotiques, des médaillés du travail, de l’association « 10 mars 1906 » et des diverses associations de mémoire, de souvenirs, de culture de la mine…
Un bel hommage pour se remémorer ce 10 mars 1906 où, vers 6h45 dans le premier bassin minier de France, un sinistre ravageait les galeries des fosses 2/10 de Billy-Montigny, 3 de Méricourt et 4/11 de Sallaumines.
« Les mineurs tombèrent déchiquetés par l’explosion et son souffle, brulés vifs, écrasés par les effondrements, asphyxiés par les gaz. La plus importante hécatombe minière de l’histoire venait de se produire. 1099 victimes directes (404 tués à Méricourt, 304 à Sallaumines, 114 à Billy-Montigny, 102 à Noyelles-sous-Lens…) dont 242 morts étaient âgés de 13 à 17 ans » a rappelé Raymond Frackowiak.
La colère et l’émotion, suscitées par la catastrophe, ouvraient la voie à un moment particulièrement virulent et à des actions violentes. Face à la multiplication des heurts, le nouveau ministre de l’intérieur, Georges Clémenceau, envoyait l’armée dans le Bassin minier. Arrestations et peines de prison furent nombreuses.
« Nous devons nous souvenir de ces hommes, de ces mineurs travaillant dans la poussière, la chaleur, suant de tout leur corps et arrachant le charbon pour relancer l’économie française après la seconde guerre mondiale ». Et le secrétaire général CGT-FNSS-FSM de s’interroger : « Mais est-ce que c’est suffisant de se souvenir ? ».
« Encore faut-il évoquer ce drame, ce fléau encore plus destructeur qui a pour nom, la silicose. Et aujourd’hui l’amiante en plus ».
Après la seconde guerre mondiale il a été demandé aux mineurs de faire des efforts pour gagner la bataille du charbon afin de relever l’économie française. Quelle fut la réponse en 1948 à leurs légitimes revendications ? « La répression minière et militaire. 3000 mineurs licenciés pour faits de grève, 227 délégués mineurs jamais réintégrés et dénoncés comme meneurs auprès des entreprises qui les embauchaient ». Et Raymond Frackowiak de poursuivre : « Oui Monsieur le président, les mineurs savent ce que veut dire faire des efforts. Non il ne suffit pas de se rappeler, de commémorer car la situation sociale et économique est pour le moins complexe, dégradée pour les populations dans le monde, en Europe et en France… »
En début de matinée, une délégation conduite par le maire, Bernard Baude, s’était rendue au cimetière communal pour déposer une gerbe au pied du monument des victimes du travail.
- Publié le 12/03/2019