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Ma carte d’identité dans ma mairie

Depuis le 14 mars dans le Pas-de-Calais, les demandes de renouvellement des cartes nationales d’identité (CNI) s’effectuent dans une des 27 communes retenues par l’État, avec la possibilité d’une pré-déclaration sur Internet. En clair, les Méricourtois devront se déplacer à Lens ou à Harnes, villes habilitées pour recueillir les empreintes numérisées. Outre ces déplacements obligés, cette réforme soulève le problème de la perte de compétences des communes et des relations de proximité entre les citoyens et leur administration.
Ce mardi 14 mars, un rassemblement symbolique était organisé place Jean Jaurès, devant la mairie. Sous la banderole annonçant fièrement « J’aime ma commune, ma carte d’identité dans ma mairie » la pétition circulait demandant au gouvernement de revenir sur ce décret. Car les Méricourtois ont parfaitement compris ce qui se cachait derrière cette mesure.
La nouvelle carte d’identité « biométrique » peut apparaître, bien sûr, comme une évolution nécessaire pour la sécurité. Mais elle laisse également planer des incertitudes et des doutes, dont le fichage systématique de notre image n’est pas des moindres problèmes soulevés.
Avec près de 600 signatures déjà recueillies mardi, le maire, Bernard Baude, envisageait aller dans les jours suivants en Sous-préfecture avec 1000 signatures, voire plus.
Sous cette banderole où l’on parle « d’amour affectif pour sa commune », le maire a évoqué 1789, la révolution française. « Une république naissait et c’est le 14 décembre 1789 que l’assemblée constituante crée par décret les conditions d’une vie municipale démocratique. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit au-delà de la carte nationale d’identité qui ne pourra plus être instruite en mairie, c’est la mise à sac des compétences municipales » s’insurgeait Bernard Baude, sur la place Jean Jaurès, tout un symbole. Il a lu ensuite quelques lignes pour dire ce que Jean Jaurès pensait de la mise en place de ces communes. Son analyse sur la révolution française bien des années après, dans un texte d’une pertinence et d’une actualité redoutable. Il citait : « C’est le régime municipal surtout qui fut décisif. D’abord il mettait en mouvement toutes les cellules, toutes les fibres de l’organisme social. Il y eût en effet 44 000 municipalités. Sieyès aurait voulu qu’il n’y eût qu’un petit nombre et l’assemblée constituante elle-même, vers la fin de son mandat songea à en réduire le nombre, sous prétexte que cette extraordinaire multiplicité favorisait l’anarchie et rendait tout mouvement d’ensemble impossible.

Ne nous laissons pas faire

En fait, il était impossible de briser la vie locale des anciennes paroisses et communautés de village. Il fallait la transformer, la passionner en l’élevant à la liberté ; c’est ce que fit en décembre 1789 la Constituante. Et en favorisant ainsi le jeu des forces populaires, elle ne favorisa point comme le dit Taine, l’anarchie spontanée, mais au contraire, le gouvernement spontané. C’est l’action incessante et toujours éveillée de ces municipalités innombrables qui suppléa à l’inévitable défaillance du pouvoir exécutif, maintint l’ordre, châtia ou prévint les complots, assura par des ateliers de travail la vie des pauvres, et multiplia les prises de la révolution sur ce pays ».
Aujourd’hui Méricourt, subit comme les autres communes, les coups. « De moins en moins on va inviter les gens à aller dans leur mairie. Cela a été les passeports, les fiches d’état civil, les titres, les cartes de séjour, les sorties de territoire et aujourd’hui les cartes d’identité » énumérait le premier magistrat.
Chaque année à Méricourt plus de 1000 personnes viennent dans leur mairie, pour demander une carte nationale d’identité, mais aussi pour rencontrer des citoyens, des fonctionnaires accueillants qui les accompagnent face aux démarches informatiques, aux formulaires toujours plus complexes… « Voilà la proximité, la citoyenneté. Ne nous laissons pas faire. Les communes sont indispensables et vouloir les supprimer, restreindre leurs compétences, vouloir diminuer le nombre de fonctionnaires s’apparente tout simplement à une volonté monarchique. Alors oui, le combat continue » pour les Méricourtois et leur maire, Bernard Baude, qui a fait retentir la sirène pour dénoncer le danger.
- Publié le 18/03/2017

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