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11 février 58, 11 mineurs sont tués dans la chute d’une cage

Le 11 février 1958, une cage se fracasse au fond du puits, tuant onze mineurs. Mardi 11 février au soir, des anciens mineurs en tenue et la municipalité leur ont rendu hommage.
Ils s’appelaient Roger Bernard (25 ans), François Carlier (20 ans), Joseph Dehay (31 ans), Roger Duriez (25 ans), Camille Hanot (34 ans), Victor Janczak (21 ans), Théodore Kulczewicz (20 ans), Luigi Pezzini (29 ans), Gérard Rybes (21 ans), Jean Szewczyk (29 ans) et Germain Willerval (49 ans).
Il est environ 6h.45 ce 11 février 1958 à la fosse 4 sud de Méricourt lorsque, 900 mètres sous terre, ils prennent place dans la cage du puits de bure pour remonter de 130 mètres et atteindre le chantier de la veine Saint-Alfred. La cage s’élance et soudain l’arbre du treuil se casse. En quelques secondes, elle se fracasse au fond du puits et s’écrase dans un bruit effroyable. Les onze mineurs sont tués sur leur lieu de travail et laissent derrière eux 17 orphelins.
Élus et anciens mineurs, rassemblés au rond-point des droits des enfants, ont déposé des fleurs au pied de la stèle en leur mémoire avant que Gérard Nicaisse, le président de l’association Les Amis de Méricourt, ne leur dédie en patois un poème de sa composition.

Akoute cheul sirène, ko kché donk k’iarif incor’ ?
Ché pas in bon sinne, yaro ti kor des morts ?
In d’minde vite ko ki ’s passe ché à kel puits deul mine ?
Au 4/5 kin nous dit, yaro grinmin d’victimes.

Vit’ ché femes don l’mari yé parti au karbon,
Keurte àl’fosse apeuré pou posé des kestions.
Y son onze écrasés din l’cache au fon d’ech bure,
L’arbe d’ech treul à kacé à l’armonte du puit d’bure.

Onze qui z’étote intassé din l’tiote cache,
Un tou jone et pi dix zot’ ed différents ages.
Y sont morts ainsi les os brisés au fond d’el fosse,
Ché l’coup du sort et là in y peu pas gran kosse.

Tout ché mineurs sont v’nus l’quatorze leu rond’ omache,
Y a onze veuves et dix sept orphelins, que dallache.
Ché dur d’vir ché cerkeuls alignés d’vant l’mairie,
Tertous brayo, pov’ komarate vites partis.

Cinquante six ans après ichi in sin rappel,
Pour k’ché gin y souvien’ in y a mis inne stèle.
Duk ché onze komarate sont inscrits pou toudis
Et touz’ans in s’ra là pou rap’ler l’tragédie.

Gérard Nicaisse


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