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L’accessibilité testée par les collégiens

C’est une expérience inédite que cette action citoyenne sur « l’accessibilité, l’affaire de tous » et portée par le collège Henri Wallon, l’association Vies partagées 62 et la ville de Méricourt.

Les élèves de 4e D et de la classe ULIS du collège Wallon se sont glissés dans la peau d’une personne à mobilité réduite pour tester et évaluer l’accessibilité des commerces et des lieux publics sur la commune. Équipés de fauteuils roulants, ils ont pris leur mission très à cœur, assistés par Jean-Bernard Dussart, infirme moteur cérébral depuis la naissance et qui se déplace en fauteuil roulant accompagné de Carat, un chien d’assistance.
Jean-Bernard a commencé par répondre aux nombreuses questions qui intriguaient les jeunes collégiens notamment sur son quotidien. JB, comme l’ont appelé les jeunes, est venu sensibiliser les Méricourtois au handicap et sur l’accessibilité. Et à la question « Que feriez vous en premier si demain, vous n’étiez plus handicapé ? », JB a répondu spontanément et avec humour : « Je commencerai par revendre mon fauteuil avant d’ajouter et j’irai remercier tout ceux qui m’ont aidé ».
Guy Deconinck principal du collège et Pascale Hunet présidente de Vies partagées 62 ont aussi rappelé les missions de cette action qui ne devaient en aucun cas être critique mais axée sur de l’évaluation.

Relever les premiers obstacles

Equipée d’un mètre, appareil photo et fauteuil roulant, chaque équipe (au nombre de 7) s’est déplacée dans des quartiers ciblés afin de remplir les champs d’un questionnaire concernant les entrées (plain-pied ou marches, hauteur des marches, largeur du passage, ouverture de la porte manuelle ou automatique…), l’intérieur des lieux ( allées larges ou non…), les services et équipements (sonnette, rampe…) etc.
Alors pour évaluer au plus près les problèmes, les élèves se sont glissés dans les fauteuils roulants et là, dès qu’ils ont abordé les premiers obstacles sur les trottoirs, ce fut une autre histoire. Les poubelles mal placées, les bordures trop hautes, les trous, les pentes, les voitures mal garées…C’était déjà la galère. « Les handicapés n’ont pas la vie facile » se rendait compte Loïc qui sentait des regards insistants portés sur lui.

Alimenter le site « jaccède.com »

Un peu plus loin, lorsqu’ils ont rencontré l’opticien, ils ont senti de suite une personne sensible à la question de l’accessibilité de son établissement. En 8 ans, il a fait élargir la porte d’entrée et réalisé une rampe d’accès. Mais en raison de la pente qui n’était pas réglementaire et qui empiétait sur le trottoir, Antoine Boquet s’est résigné à la démonter. Alors Jean-Bernard et les collégiens ont fait une démonstration avec une rampe amovible et conquis, l’opticien déjà prêt à en acquérir une.
Un peu plus loin, la pharmacienne du centre a déjà réalisé de gros travaux (décaissement d’une partie du magasin pour mettre au même niveau) et l’aménagement d’un comptoir adapté. Elle s’est déjà équipée d’une rampe amovible. Car pour Laurence Villette, « il est important de pouvoir accueillir tous les clients ».
Les collégiens ont aussi recensé tous les commerces auxquels les personnes à mobilité réduite n’ont pas facilement accès. C’était d’ailleurs leur mission et leur travail permettra d’alimenter « Jaccède.com ». Un site internet, qui a également son application mobile, et qui propose une sorte d’annuaire des bâtiments publics et commerces où est évaluée l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
- Rendez-vous le 17 novembre à 19h00 à l’Espace culturel La Gare pour une soirée sur l’accessibilité à laquelle sera convié Jean-Yves Richier, auteur du livre « Croire en la normalité ».
- Publié le 26/10/2016

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