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Froissevent - Hawad

MP3 - 3.2 Mo

Récitant : Pierre Rogez

Tous les êtres enfants de la terre et du ciel
ceux qui habitent les vallées et les montagnes
ceux des plaines d’argile et des plaines de galets
ceux des forêts et des steppes
ceux des océans d’eau et des océans de sable
ceux des vents et ceux des brumes
ceux qui habitent le rire des étoiles
ceux des ténèbres sous la glaise
ceux des villes qui sont assis
et attendent ceux des champs
ceux du labour qui suspendent les houes
et guettent le retour des saisons
ceux qui nomadisent avec leurs troupeaux
à la poursuite des anneaux du temps
tous se dressent d’un seul accord
tous jaillissent en une silhouette
corps de l’arc-en-ciel vertical élancé
psalmodiant et répétant

Maintenant nous sommes égaux
en accord un seul corps
sur le lit de la vie sous le toit de la mort
Nous l’avons à présent compris
Même si le ciel lui lègue ses larmes
la terre ne peut plus rien rembourser
Rien
Pas même les grains de semence
que nous lui avons prêtés

Une voix surmonte les hurlements
de la foule qui poursuit

Encore moins les gouttes
que la pluie lui verse
pour nous faire grandir

A nouveau s’élève la voix nomade
au-dessus des oui-oui
que la foule en cadence égrène
claquements des mains
entrechoc des bijoux
danse

Mes frères
à l’encontre de la parole
les gens du drapeau ont dressé
des remparts chargés d’oreilles
Par la prunelle de vos yeux
voyez donc
A chaque coude chaque épaule
chaque espace sur le dos de la terre
il n’y a que remparts d’oreilles
ouvertes pour capturer les mots
cabris indisciplinés
qui cherchent à fuir l’enclos

Mes frères
comment la terre ferait-elle
dans une tente où même les hoquets
d’un enfant ne trouvent brèche
pour échapper au tamis des oreille ?
En quoi serait-il étrange
que pour sortir du piège
le peuple ait confié le venin du verbe
aux plis du ventre de la terre ?
Et comment la mère engrossée
par le verbe de son propre placenta
ferait-elle vivre ses enfants ?
Ô les miens
en confiant le verbe
aux entrailles de notre mère terre
nous avons commis l’adultère

Tous s’écrient

Vérité
Le poète Kokayad a raison
A la mère terre
nous avons montré notre malheur
en lui faisant porter
le tartre de nos bouches

En avant l’aube, en une seule chaîne
ligne unique étirée vers la tente
du vieil aveugle Imollen,
ils psalmodient.

Kokayad le poète a dit vrai

Toile réalisée par le groupe du journal Bouche@oreille - Méricourt, juin 2017 - Intervenants poétiques : Anne GENSANE LESIEWICZ et Pierre ROGEZ - Intervenant artistique : Ludovic WACHE

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