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Eugénie Dépret a fêté ses cent ans d’une vie bien remplie

La vie n’est pas toujours facile, mais parfois, il faut savoir relever la tête et avoir du courage… Fort heureusement, Eugénie Dépret a su trouver en elle cette force pour affronter la vie qui ne l’a pas épargnée.
Si le 20 mai dernier, Eugénie soufflait ses 100 bougies en famille, c’est avec joie qu’elle accueillait quelques jours plus tard, le maire, Bernard Baude, venu à son domicile pour lui souhaiter un bon anniversaire et trinquer à sa santé.
Pas besoin d’élever la voix car notre centenaire a encore l’ouïe très fine. Et du côté de la vue, rien à redire, elle voit encore clair Eugénie, née Cousin le 20 mai 1913 à Thérouanne, une petite commune du Pas-de-Calais. Huitième d’une famille de neuf enfants et des parents qui tenaient un magasin de vélos, elle quitte l’école à 11 ans et demi, le 14 juillet 1924. Après quelques petits boulots dans le village, l’adolescente qu’elle est du haut de ses 16 ans, part travailler comme fille de salle à l’hôpital de Campagne-les-Hesdin.
Mais son premier mari, c’est à Estrée-Blanche, où son grand frère tenait un café, qu’elle l’a connu. « Un jour de ducasse. Elle livrait les quartiers de tarte et c’est comme ça qu’elle a rencontré Pierre Lancelle, un méricourtois en visite chez sa tante » raconte son fils Louis. Eugénie et Pierre se marient en octobre 1933 et s’installent à Méricourt chemin d’Avion. Mais Pierre s’engage dans l’armée et elle le suit en Alsace dès 1934. « Après, il y a eu l’invasion des allemands. Ils passent alors de l’autre côté, en France libre et Pierre se retrouve muté dans le Jura ». Fait prisonnier, il s’évadera pour retrouver Eugénie qui est enceinte. Un bonheur qui malheureusement va tourner au drame dans la nuit de la Saint Sylvestre 1940 où son mari décède accidentellement. Eugénie revient alors vivre à Méricourt et met au monde Henriette en juillet 1941. Jusque la fin de la guerre, elle vit chez ses beaux-parents avant d’emménager impasse d’Alembert pour élever sa fille. « Plus tard, elle fait la connaissance de Louis Dépret qu’elle épouse en 1949. Il travaillait à l’époque à l’usine HGD (Huile goudrons dérivés) à Vendin-le-Vieil ». Ils s’installent alors dans leur maison, place de la République, où Eugénie réside encore aujourd’hui. De cette union nait Louis en 1951 et Philippe en 1953.
Mais le malheur vient la frapper de nouveau en 1954. Alors qu’il circule en moto, une voiture est venue faucher son mari. Louis décède à 46 ans. Courageuse, Eugénie élève alors seule, ses trois enfants. Les 360 mètres carrés de jardin avenue Le gentil, qu’elle exploite pour subvenir aux besoins de sa famille, ne lui font pas peur. « Un lopin de terre qu’elle a bêché et cultivé seule jusque ses 80 ans. Un travail d’homme » souligne encore son fils Louis. « C’était beaucoup de travail. Elle faisait aussi pas mal de couture pour nous, ses enfants. C’était quasiment une sorte d’autarcie. On a vécu comme ça ». Eugénie coule désormais des jours paisibles et bien mérités et si elle se débrouillait encore toute seule jusque ses 95 ans, aujourd’hui elle sait pouvoir compter sur ses enfants et les aides à domicile qui lui rendent visite trois fois par jour pour le quotidien.
Mais en ce mercredi de mai 2013, il est déjà midi et notre centenaire qui a encore un bon coup de fourchette attaque une succulente assiette de pâtes. Alors avant de se retirer, nous lui souhaitons un « bon appétit Eugénie et à l’année prochaine pour vos 101 ans ».

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