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Etude sociologique autour du lien politique et travail

Dimanche dernier 23 avril, à l’extérieur des huit bureaux de vote de la commune, Yann Le Lann, chercheur et maître de conférence au CeRIES (Centre de recherche individus épreuves sociétés) et une équipe de 30 étudiants de Lille III, menaient une enquête sociologique auprès des habitants venus accomplir leur devoir de citoyen en ce premier tour de l’élection présidentielle.
L’objet de leur enquête portait autour des relations entre politique et travail et était menée simultanément sur Lille, en région parisienne et à Méricourt. Rencontre avec Yann Le Lann pour en savoir plus.
Sur quels grands points vous êtes vous appuyés pour concevoir cette grille d’évaluation ?
« Premièrement, on n’évalue pas, on enquête, on étudie et on essaie de construire des relations. Nous sommes partis d’une idée basique pour savoir comment les gens se représentent-ils leur travail. Qui sont-ils au travail ? Leur profession, la concurrence internationale, le lien avec les collègues… On essaie de comprendre si cela a des conséquences politiques, des choses qui sont très peu testées parce qu’en général on considère que la démocratie c’est un moment de réflexion qui se passe en dehors de l’activité des personnes. La démocratie c’est un moment de la vie sociale qui est intégrée à la vie au travail, à la vie familiale ».
De précédentes études ou des lectures d’articles vous ont-elles orientés ?
« Oui, nous avons évidemment toute une série de lectures qui ont présidé à la construction de ce questionnaire. Nous sommes partis de ce qu’ont déjà fait nos collègues sociologues, politiques, historiens… Nous ne sommes pas partis de rien, mais forcément on a voulu apporter notre touche. On interroge aussi les gens sur le secteur dans lequel ils travaillent. Est-il connecté économiquement avec d’autres pays ? Est-il sous pression ? Ce sont des questions très peu posées. Certains laboratoires le font, mais nous, nous avons voulu le faire en face à face en rencontrant les gens pour prendre un certain nombre de réactions. Ce que l’on ne peut pas faire par internet parce que les sondages, sous cette forme, se développent mais une des difficultés, c’est qu’ils sont auto-administrés. Lorsque la personne a coché une croix devant son ordinateur, nous ne pouvons pas savoir si cela correspond à une réaction de colère ou autres ».
Vous avez recueilli beaucoup d’avis, comment cela va être traité ?
« Il y a plusieurs moments d’intelligence dans cette enquête. Le premier c’est la conception du questionnaire et on part de la littérature et des écrits existants sur ce qu’on cherche à enquêter. Ensuite la passation. On s’aperçoit si l’on a tapé juste ou fait des erreurs. Mais surtout on s’aperçoit dans les réactions des personnes qu’il y a une vraie intelligence collective qu’il faut qu’on note, qu’elle soit de colère, d’accord ou désaccord. Enfin, le traitement statistique sera fait par les sociologues et les étudiants pour rentrer toutes ces informations dans des bases de données en respectant chacun des questionnaires pour aboutir sur diverses publications ».
- Publié le 26/04/2017

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