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« 1917, adieu la vie, adieu l’amour »

Ces derniers jours, les personnes se promenant aux alentours de l’espace culturel La Gare ou encore flânant près du terril Le Bossu ont peut être été surprises de découvrir des scènes rappelant le premier conflit mondial et nous replongeant près de 100 ans en arrière. En réalité, deux classes de CM2 tournaient un court-métrage : « 1917, adieu la vie, adieu l’amour ».
La guerre de 1914-1918 fait l’objet d’un retour spectaculaire dans la mémoire collective. Alors que de très nombreuses familles gardent le souvenir de l’hécatombe pour des élèves de CM2, cette guerre relève d’un passé certes lointain, mais en même temps accessible.
Dans le cadre du projet Maudite soit la guerre, la ville mène de nombreuses actions culturelles avec les habitants, les écoliers et des artistes.
Habitués à venir Méricourt depuis une quinzaine d’années, Nathalie et Alexis Ferrier ont déjà réalisé de nombreux projets d’écriture et de conception de livres. « Depuis un an, je me suis mis à la vidéo. Et lorsque la médiathèque nous avait invités en 2013 avec toute la famille pour participer aux jours Ferrier, on a réfléchi à ce que l’on pourrait de nouveau entreprendre » déclare Alexis. « Avec le centenaire de la guerre de 14/18, on s’est dit que ce serait bien d’en parler mais du côté des mutins de 1917. Surtout que cela s’est passé quasiment à 80 kilomètres d’ici entre l’Aisne et la Somme ».
Le projet a débuté en septembre par la rencontre de deux classes volontaires de CM2. La période d’écriture a véritablement commencé en décembre par une discussion sur ce qui s’était passé en 1917. « Par rapport à ceux qui ne pouvaient pas monter à l’assaut parce qu’ils n’avaient plus de gradés, ou ceux qui ont carrément refusé. Et ce qu’il leur est arrivé ensuite. Lorsque l’on a parlé de ces mutineries, de ces mutins et des 49 fusillés, les enfants ont dit : ‘’Mais c’est pas juste’’ ».
Le film parle de l’un de ces hommes qui a existé. Son nom, Albert Roussel, un habitant de la région qui lui, n’a pas été fusillé. « On s’est basé sur un personnage, un poilu réel que l’on a mis dans une situation fictive représenté par un enfant ».
Au début, pour les enfants, c’était assez vague pour eux ce concept de la mort. « C’était quelque chose qui leur paraissait presque irréel. Comme le fait que quelqu’un puisse être fusillé par ses propres compatriotes. Puis, au fur à mesure des séances, on s’est rendu compte qu’ils avaient vraiment saisi l’absurdité de cet acte et cela les avait vraiment touchés » reprend Nathalie Ferrier. N’ayant pas un gros budget, il a été décidé de faire quelque chose d’intimiste avec beaucoup de symboliques. Le film commence avec deux enfants qui trouvent la photo de leur arrière-arrière grand-père dans leur grenier. Chacun a participé en apportant des éléments, des vieux casques et fusils afin que les décors soient les plus réalistes possibles. « Déjà, il fallait appréhender ces concepts avant de penser à faire le tournage du film. Mais voilà, les enfants étaient très motivés et ils ont bien percuté. Ils se sont vraiment imprégnés des événements de ce conflit et en particulier de la chanson de Craônne qui a été composée dans les tranchées en 1917 pendant ces mutineries ».
Avec la classe de CM2 d’Aurélie Dubrulle de Pasteur et celle de Luc Delattre de l’école Saint-Exupery, les dernières séquences viennent d’être enregistrées. Les enfants ont ainsi découvert les absurdités de la guerre et en même temps les techniques cinématographiques pour réaliser un film.
Le fruit de leur travail sera à découvrir le samedi 17 mai à l’espace culturel et public La Gare. Un diaporama, sorte de making off, relatera l’envers du décor avec des séquences de tournage dans la tourmente et des scènes de répétition. Après la projection du film, sera présenté officiellement le livre de PEF « Ma guerre de 100 ans » qui va sortir chez Gallimard.

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