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10 mars 1906, la mémoire des mineurs toujours honorée

Plus d’un siècle après la terrible catastrophe minière qui endeuillait le bassin minier, lundi 10 mars en fin de matinée, ils étaient toujours aussi nombreux pour rendre hommage aux 1099 victimes de ce coup de poussière d’une rare violence qui a ravagé 110 kilomètres de galeries communes aux trois fosses situées sur les territoires de Méricourt, Billy-Montigny et Sallaumines.

Elus du secteur, représentants des syndicats, des associations patriotiques, des médaillés du travail, de l’association « 10 mars 1906 » et anciens mineurs en tenue s’étaient rassemblés à la nécropole de Méricourt.
Après les nombreux dépôts de gerbes au pied du monument érigé à la mémoire des mineurs disparus, Jean-Marie Nianson, président de l’association « 10 mars 1906 » évoquait l’ampleur de ce désastre et les autres catastrophes qui ont marqué les mineurs et leurs familles. « Un total de 44 catastrophes proches de notre secteur faisant 1650 morts et plus de 500 blessés. Le charbon a fait vivre la France pendant plus de 200 ans et elle le doit à tous ces mineurs » rappelait aussi le président de l’association qui propose qu’un monument régional soit érigé pour leur rendre hommage. « A tous ces mineurs qui ont laissé leurs forces, parfois leur vie au fond et tous ceux qui sont morts aussi de la silicose et autres maladies ».
Kléber Pezé, secrétaire général CGT-FNSS-FSM du syndicat des mineurs, retraités et veuves a remémoré cette séquestration infernale vécue par les 13 rescapés qui finalement parviendront à regagner la surface vingt et un jours après l’explosion. « Que penser des responsables qui ne voyaient que le profit. Bien souvent, le rendement passait avant la sécurité des ouvriers ».
A la salle Aimé Lambert, où s’est poursuivie la commémoration, Bruno Troni, maire de Billy-Montigny ouvrait son intervention par un extrait du livre Mine d’enfer relatant des moments indescriptibles de cette catastrophe. « La mort a frappé 1099 fois. Certaines familles ont presque été décimées. Seul miracle dans cette tragédie, 13 mineurs reverront la lumière du jour après trois semaines d’errance et un quatorzième autre survivant 8 jours plus tard ». Pour l’élu, il est essentiel de transmettre cette partie de l’histoire minière qui porte en elle le souvenir de ceux qui sont morts en exerçant un métier aussi pénible que dangereux. « Mais aussi parce qu’elle illustre bien tristement le sort réservé à tous ceux que l’on exploite pour en tirer profit ». Le dernier puits de mine a fermé à Oignies en 1990 et les compagnies minières n’existent plus. « Mais l’exploitation des hommes pour des considérations financières subsiste. La seule valeur qui compte aux yeux des puissants n’est pas la valeur humaine mais celle de leurs actions. Au grand jeu de la bourse, les véritables perdants sont toujours les salariés et leurs familles » terminait Bruno Troni en puisant de nombreux exemples dans l’actualité.
Alain Roger, maire de Noyelles abondait aussi dans le même sens. « Le souvenir de ces 1099 victimes nous rappelle combien l’exploitation de l’homme par l’homme et la recherche du profit comme unique objectif doivent être combattus indéfiniment ».
En début de matinée, une délégation méricourtoise, conduite par le maire Bernard Baude, s’était recueillie sur le monument des victimes du travail au cimetière de Méricourt.

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